Gazonline's Blog


Etre ou Avoir
septembre 2, 2009, 8:09
Filed under: Ecoblabla

Sous une apparence bénigne, cette question permet selon moi de répondre en partie à la question de la continuité de l’espèce humaine au-delà des 100 prochaines années. Sans partir sur des chemins philosophiques qui seraient pourtant tentants, restons pragmatiques.

Définitions et exemples du Robert :

AVOIR (verbe) : 1/ Posséder (avoir une maison) 2/ Manière d’être (les arbres ont des feuilles)

AVOIR (nom) : Ce que l’on possède (il dilapide son avoir)

ETRE (verbe) : Exister (je pense donc je suis)

ETRE (nom) : 1/ Ce qui est (les êtres humains) 2/ Fait d’être (l’être et le néant)

Les deux verbes sont aussi des auxiliaires bien connus qui ont fait grincer plus d’une craie lors d’interros surprise au tableau. Ainsi tout peut être vu du côté avoir ou du côté être : avoir des relations/être ensurcon2 relation, avoir des convictions/être convaincu …

On voit l’implication directe ou indirecte de ces tournures quotidiennes de la langue de Hugo (prends ça Molière), la première répétant une logique de possession et d’accumulation, la deuxième nécessitant une implication plus forte. Et c’est là entre être et avoir que nos choix de vie et de consommation vont décider de l’avenir. Avoir pour toujours avoir plus est un instinct animal, la peur de manquer, et on peut comprendre certains anciens qui, ayant vécu les guerres et les privations de toutes sortes, rechignent à se déposséder. Hors pour la plupart des possédants actuels c’est plus une question de confort, d’orgueil et de vanité qui intervient dans le fait d’avoir. Avoir plus (de biens) ne rend pas plus heureux, et entraîne bien souvent une spirale de la recherche du bonheur par un souhait d’avoir encore plus. Au passage, ces multiples possessions seront convoitées par d’autres, inévitablement attirés par les lumières de la publicité vantant les mérites de ce qu’à pu s’acheter le voisin. Cette convoitise entraîne un sentiment de protection des biens et justifie une politique de sécurité accrue, argument imparable pour faire des patrouilles. Mais nous sommes presque hors sujet.

Pour ne pas être trop long, je laisserai la parole aux auteurs visionnaires ayant déjà décrit mieux que moi l’absurdité de la domination de l’avoir sur l’être.

Thomas More, Utopia, 1516 (!)

[…] car ce que vous ajoutez à l’avoir d’un individu, vous l’ôtez à celui de son voisin.

Il y a de l’injustice […] puisque la société humaine ne peut pas être organisée de manière à garantir à chacun une égale partie de bien.

[…] l’égalité est impossible dans un Etat où la possession est solitaire et absolue; car chacun s’y autorise de divers titres et droits pour attirer à soi autant qu’il peut et la richesse nationale, quelque grande quelle soit, finit par tomber en la possession d’un petit nombre d’individus qui ne laissent aux autres qu’indigence et misère.

Tant que le droit de propriété sera le fondement de l’édifice social, la classe la plus nombreuse et la plus estimable n’aura en partage que disette, tourments et désespoir.

[…] une cause d’avarice chez l’homme, l’orgueil, qui le porte à surpasser ses égaux en opulence et à les éblouir par l’étalage d’un riche superflu.

Tocqueville, de la démocratie en amérique, 1835

Ce que je reproche à l’égalité ce n’est pas d’entraîner les hommes à la poursuite des jouissances défendues; c’est de les absorber entièrement dans la recherche des jouissances permises.

Ainsi il pourrait bien s’établir dans le monde une sorte de matérialisme honnête qui ne corromprait pas les âmes, mais qui les amollirait et finirait par détendre sans bruits tous leurs ressorts.

D’autres références du même acabit :

Barjavel, Ravage, 1942 (une fin du monde connu, hypothétique mais réaliste)

Aldo léopold, Almanach d’un comté des sables, 1948 (l’apologie du retour à la nature et la critique du matérialisme moderne)

René Dumont, L’utopie ou la mort, 1974 (toutes les idées actuelles  sur l’écologie sont déjà écrites ici)

Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, 2007 (sus aux grands bourgeois et à leur modèle !)

En conclusion, on parle souvent de bien-être (ou phonétiquement bien naître ?), je pencherais plutôt vers le mieux être grâce au moins avoir (cf billets précédents, simplicité volontaire), pour tous. Et lisez Utopia, écrit en 1516, tout y est ou presque pour lancer une nouvelle ère !!!

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3 minutes
août 12, 2009, 2:21
Filed under: Ecoblabla

C’est la durée de vie d’une lingette entre la sortie de son emballage plastique et la mise à la poubelle.

Apparues sous forme de rince-doigts (citron ou jasmin) il y a 30 ans, les lingettes jetables représentent depuis 7 ans à peine un marché en plein boom, qui fleuri dans tous les rayons.

Si l’on peut passer sur celles utilisées en milieu médical, aucun des usages cités ci-dessous ne méritent un développement pLingettesarticulier de lingettes.

On faisait très bien sans, et même mieux, pour moins cher et en moins toxique.

Le nettoyage du sol avec serpillière coûte 15 fois moins cher qu’avec des lingettes (observatoire bruxellois de la consommation durable).

La surproduction de déchets engendrée par la production et l’utilisation de ces produits (55 kg de déchets par an par ménage), ainsi que leur contenu en matières chimiques nettoyantes (dont certaines sont directement en contact avec la peau, et notamment celle des bébés, beaucoup plus perméable que celle des adultes), laissent entrevoir des lendemains qui chantent dans les décharges et chez les dermatos.

Usage  de la lingette

Remplacement

Sol

Serpillière

Bébé

Gants, lingettes lavables avec eau, savon ou liniment

Démaquillante

Pas de maquillage, c’est plus beau sans

Pare-brise

Peau de chamois, éponge

Oreilles de chien

Chiffon imbibé de désinfectant

Auto-bronzantes

Plage, chaise longue

Amincissantes

Arrêter les produits laitiers

GPS

Carte routière

Anti-graffiti

Murs végétalisés

Anti-moustiques

Toiles d’araignée, citronelle

Nettoyer son fusil

Arc et flèches

Anti-hémorroïdes

Aesculus hippocastanum en 5 CH



Volontariat simplissime
juillet 31, 2009, 2:15
Filed under: Ecoblabla

Un jour il y a longtemps je suis tombé sur des liens qui m’en ont emmené vers d’autres (mais je ne vous apprends rien) et surtout vers un.

Celui du site québecois pour la simplicité volontaire. Site qui a évolué depuis mes premières visites, mais qui reste d’actualité tant son contenu paraît adapté à notre époque où le temps est un luxe (désolé messieurs de chez renault, le vrai luxe ce n’est pas l’espace).

Temps qui n’est plus pour nous mais bien souvent pour :

– entretenir : sa maison, ses affaires, sa femme (pardon)

– établir : ses futurs achats, ses futures vacances, ses comptes

– évaluer : son pouvoir d’achat, son tour de taille, son taux d’endettement

– évacuer : son stress, ses déchets, la possibilité de vivre autrement

La simplicité volontaire n’est pas un remède miracle à ces « 4 E », mais permet de suivre un chemin qui mène entre autres à éliminer ou diminuer les aspects chronophages de notre vie de bonjournee_sans_achat2s consommateurs.

Par exemple, éviter d’avoir toujours plus d’objets, c’est éviter du temps passé à les entretenir, les nettoyer, puis les trier et finalement les évacuer. C’est également plus de place disponible ou moins de place nécessaire, comme on veut.

Si on y ajoute le bilan environnemental de ces objets, l’aspect gagnant d’une frugalité envers la consommation d’objets de toutes sortes n’est plus à démontrer (si toutefois vous voulez une démonstration j’attends vos commentaires).

Une journée sans achat par semaine, irréalisable ?



le jogging des boucs
juillet 16, 2009, 8:38
Filed under: Ecoblabla

C’est une mauvaise traduction franco berrichonne du sujet du jour : le bookcrossing. Vous qui n’aimez plus faire la poussière sur vos étagères remplies de livres que vous avez aimés mais que vous ne relirez plus, réjouissez-vous, le bookcrossing vient à votre aide. Simple mais efficace, suffit de s’inscrire sur le site bookcrossing.com, remplir les références des livres dont on souhaite se débarrasser et mettre un avis sur ces mêmes ouvrages. Vous obtenez alors un numéro. bookcrossing-logo-900

Soit, bon mais ça sert à quoi ? Vous inscrivez ensuite ce numéro sur une étiquette (modèle disponible sur le site, mais on peut en faire des à soi) où est également inscrite la raison même de la démarche : « Je suis gratuit et j’aime voyager (c’est votre livre qui parle), je me sens mieux dans vos mains que sur une étagère : lisez-moi puis donnez-moi à un ami ou à un inconnu ! Parlez de moi à mes anciens lecteurs en indiquant le numéro ci-dessous sur bookcrossing.com« .

Voilà, vous laissez gratuitement vos livres où bon vous semble avec leurs petites étiquettes et vous les laissez évoluer, s’envoler, émouvoir d’autres gens. Le plus marrant reste de trouver des endroits insolites (toilettes de bar, cabine d’hélicoptère, slip de votre voisine…), ou encore de les déposer dans des endroits publics et d’observer de loin les réactions des gens. Ensuite l’autre truc rigolo c’est d’avoir des nouvelles de vos livres et de voir où ils sont rendus, chez qui ils sont, quelle vie ils mènent…Tout ça en rendant des lecteurs heureux et en faisant du vide chez vous. Si comme nous vous avez beaucoup de livres, vous rendrez beaucoup de gens heureux, chabadabada chabadabada, encore une fois badabada….



Et moi alors ?
juin 18, 2009, 8:16
Filed under: Ecoblabla

Il est quand même temps que je me manifeste sur cet espace partagé avec le reste ofzeworld. Je  suis l’ homme (le plus vieux en tout cas) de la maison.

Digne héritier d’une lignée de mâles dominants, je ne me lave que le dimanche et encore quand y’a pas match, je rote je me gratte je reste au lit jusqu’à midi alors que toute la maison résonne comme une caserne de pompiers.

En fait je n’aime pas le foot, je me lève relativement tôt sans trop de problèmes et je ne considère pas la douche comme une purification obligatoire quotidienne mais plutôt comme un moyen pratique de tout laver d’une traite dans un espace restreint.

Ce qui me pousse à envisager ici quelques billets sur les comportements dits « écologiques » qui relèvent à mon avis plus simplement du bon sens paysan d’autrefois et du souhait d’une vie simplifiée que d’une révolution verte post-moderne. Et merde je m’emballe. Bon à bientôt.Vive le nucléaire